La République d'Afrique du Sud, qui succède en 1961 à l'Union sud-africaine, est née de l'implantation au XVe siècle de colons néerlandais et britanniques autour du Cap . La région, peuplée primitivement de "Buchmen" et de "Hottentots", est progressivement envahie à partir du XVe siècle par les Bantous venus du nord. Les premiers établissements néerlandais de la Compagnie des Indes orientales sont créés à partir de 1652 et reçoivent, après la révocation de l'édit de Nantes (1685 ), le renfort de huguenots chassés de France. Ces colons, agriculteurs et éleveurs, utilisent des esclaves noirs locaux ou amenés d'Indonésie, de Malaisie et de Madagascar, avec lesquels ils se métissent souvent. Les Hottentots, repoussés par les éleveurs blancs, sont décimés en 1713 par une terrible épidémie de variole qui laisse le terrain libre aux Bantous. Hollandais et Bantous entrent en conflit lors de la guerre des Cafres (1779 ). Par ailleurs, la colonie subit le contrecoup des guerres révolutionnaires, qui permettent aux Britanniques de s'emparer du Cap, provisoirement de 1795 à 1803, puis définitivement en 1805 .
La nouvelle domination accélère le processus d'expansion vers l'intérieur des Néerlandais, les Boers (paysans), à la recherche de terres et hostiles à l'immigration et aux réformes britanniques (modification du régime foncier et de l'héritage, suppression de l'esclavage en 1834). Leur migration, le grand trek, aboutit à une confrontation décisive avec la tribu bantoue des Zoulous à Blood River, le 16 décembre 1838. Les Boers se dispersent ensuite en de multiples établissements, très isolés de l'Europe et maintenant un mode de vie archaïque (élevage, esclavage). Au contraire, les Britanniques développent dans le Sud leur colonie du Cap, qui est dotée dès 1854 d'institutions représentatives avec, en 1872, un Premier ministre responsable devant le Parlement. Au sud-est, ils annexent le Natal (1843), où ils généralisent la ségrégation des indigènes dans des " réserves ", tandis que les Boers créent la république du Transvaal et l'État libre d'Orange, dont ils obtiennent la reconnaissance respectivement en 1852 et 1854.
Les rapports entre Boers et Britanniques se tendent pourtant à la suite de conflits entre les colons néerlandais et les tribus des Basutos et des Griquas qui en appellent au gouvernement du Cap, et après la découverte de gisements de diamants qui suscitent l'arrivée de nouveaux immigrants étrangers dans la région de Kimberley (1867). Les premiers affrontements se soldent par un recul des Britanniques, battus à Majuba Hill en 1881 par les troupes du président du Transvaal Paul Kruger (1871/1898). La tension s'aggrave avec l'arrivée de Cecil Rhodes au gouvernement du Cap (1890) et se complique encore du fait des visées du Portugal et surtout de l'Allemagne, implantés respectivement au Mozambique et dans le Sud-Ouest africain (actuelle Namibie ). La première épreuve de force suscitée par Rhodes, le raid Jameson, échoue en 1896 et, en octobre 1899, les Boers prennent l'initiative de la guerre, qu'ils doivent transformer en guérilla acharnée après la perte de Pretoria en juin 1900, qui suscite une forte mobilisation de l'opinion publique européenne en leur faveur. En mai 1902, la paix est finalement conclue à Vereeniging : en échange de l'annexion de leurs États, les Boers obtiennent une indemnité importante et la reconnaissance de gouvernements autonomes responsables. L'effort de reconstruction consenti par la Grande-Bretagne facilite la formation d'une Union sud-africaine fédérale en 1910 : l'anglais et l'afrikaans, la variante locale du néerlandais, deviennent langues officielles.
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L'Union sud-africaine
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